Vendredi 3 mars 2006
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19:30
Un heureux évènement sur plume de lune.Je pourrais vous le narrer à la manière Hemingway, ou alors à celle de Bertrand Visage, à moins que ce ne soit pas lui mais un autre, qui racontait la pêche aux thons en Sicile, mais finalement non, je vais vous le faire à la plume de lune, pardonnes moi Pierrot de te la piquer un instant.
Il était donc une fois....... un 28 février, et nous avions enfin eu le courage de nous arracher au charme de Carthagène. Nous naviguions depuis le matin sous un ciel mi nuages, mi soleil et un bon vent arrière nous menait quelque part plus au sud. Il est important de préciser que la mer était plutôt d humeur houleuse et qu il était vain d utiliser le pilote automatique.
Comme à chaque navigation, le capitaine, marin pêcheur de son état, mais jusqu à ce jour plutôt marin que pêcheur,avait mis en place sa canne à p^eche dernier cri, en améliorant toutefois la tactique habituelle grâce aux bons conseils de Sylvain et Dominique ( salut les Carthaginois et surtout merci !!! ).
Le soir pointait son nez couleur prometteur de beau coucher de soleil et nous étions à nous dire qu une fois de plus nous allions ouvrir une boîte de thon pour le dîner quand, ( vous me voyez quand même arriver avec mes gros sabots ? ) le bruit caractéristique du fil de pêche qui s est chopé un truc au bout se fait entendre.
Moi qui allait épancher une envie pressante, je remontais à toute allure sur le pont au cri de " UN POISSONNNNNNNN", (je me demande même si vous ne l avez pas entendu d où vous étiez, ce son magique!!!).
Et c'est là que les atteignants s 'atteignirent comme le disait si bien le général Dugommier.
Je découvre mon capitaine assis la canne à pêche en plein entrejambe, n'arrivant pas à ramener le fil, en criant d'une part aÏe, aïe, d autre part, au secours Greg ( c'est un ami pêcheur, d'ailleurs destinataire de cette belle histoire), et tout ça en ayant pris le fou rire. Moi qui n 'avait pu épancher mon envie pressante, prise de fou rire aussi avait une posture que toutes les nanas ont eu un jour en suppliant le capitaine d arrêter car j allais creer quelque inondation si je ne cessais pas de rire. Mais de nous voir tous les 2 dans nos positions réciproques nous faisait redoubler de rire.
Pendant ce temps la canne se tordait sous le poids et il fallait ramener 100 mètres de ligne. Vous n avez pas oublié bien sur que la mer était houleuse, qu on était un peu secoués et que je ne pouvais pas lâcher la barre. On a mis presque une heure pour arriver à remonter le bestiau, je donnais le cap au bateau ,tirais la ligne pour la ramener tandis que Patrick moulinait et je reprenais la barre et celà pendant 1 heure. Autant vous dire qu'on se demandait ce qu il y avait au bout. Ca tirait plus que les sacs plastiques pêchés cet été au large du Portugal, ça semblait bien être sous l' eau, donc ce n'était pas une mouette,( j'en vois certains qui au souvenir de cet épisode épique affichent déjà un sourire moqueur)....Et bien c 'était un thon, un thon d 1 mètre de long, pesant 15, 20 kgs.
Le remonter à bord était une autre paire de manches d'autant plus qu'il s'agitait fort et qu'il fallait songer à l'achever. J' avais lu queque part qu 'il fallait leur mettre de l'alcool dans les ouïes.Je fonçais chercher la bouteille de whisky et lui vidais dans les ouïes, mais que nenni, la bête aimait ça et on se retrouvait avec un thon, toujours aussi agité mais bourré par dessus le marché.Je vous passe les détails du fil qui cassa, du poisson collé contre la paroie de la jupe arrière par les pieds du capitaine trempé par les vagues, enfin l'aventure quoi. Je suis allée chercher le grand couteau de cuisine et le valeureux et courageux capitaine lui trancha le cou d'un coup.
Et ben on était drôlement embêté avec c'te bête à bord, on pouvait pas la laisser avec nous dans le cokpit, on pouvait pas la mettre à l intérieur, elle pissait le sang, on aurait dit 2 poules devant un couteau. Finalement, on l a tranché dare dare, mis sous film plastique et mis dans un seau dans un coffre. Depuis on mange du thon et encore du thon, grillé, en tartare, en carpaccio, on a essayé d'en filer au suédois d'à côté qui l'a refusé net, son frigo étant plein ( et mon oeil). Finalement des français amarrés en face de nous l'ont accepté avec grand plaisir et ce jour j ai fait des conserves, thon à l'huile pour les salades du capitaine, thon aux épices et aux petits légumes du bord.
Quelle aventure !!!!!
A part ça, nous sommes à Almérimar, ville balnéaire récente mais trés sympa. Les constructions sont belles, on dirait des palais vénitiens le long du port. En revanche tout le paysage environnant est recouvert de plastique blanc. En arrivant en vue de la côte, on aurait dit qu,il avait neigé, ce qui nous surprenait quand même. Il a fallu les jumelles pour se rendre compte que c'était des serres. Ici ils cultivent les légumes exportés dans toute l europe, tomates haricots verts etc etc....
Sinon nous sommes sous le plus haut sommet de l 'Espagne, le Mulhacen, 3478 mètres dans la sierra Nevada.On le voit du port, sommet enneigé.
Voilà, nouvelle tranche de vie.
On va rester là quelques jours, vérifier quelques détails electriques, aller passer 2 jours à Grenade. La prochaine étape nous verra nous rapprocher inéxorablement des colonnes d'Hercule
Sinon on a créer un blog mais il n'y a rien dessus encore.On vous fera signe ça ne devrait pas tarder
Hasta luego et gros bisous
Les sdfdeplumedelunequizontmangedupoissonquizontpecher
un bonjour plein de soleil